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L’Oeil du diable tome 1 : Lauréat du Prix littéraire Le Droit, catégorie fiction

Pour un compte rendu, voir l’article de Valérie Lessard paru dans Le Droit du samedi 26 février 2016:

Prix littéraires: pleins feux sur les lauréats

François Baril Pelletier, Pierre-Luc Bélanger et Nicole Casteran... (Etienne Ranger, LeDroit)

François Baril Pelletier, Pierre-Luc Bélanger et Nicole Casteran sont les lauréats des Prix littéraires LeDroit.

ETIENNE RANGER, LEDROITAjouter à Ma Presse

Un adolescent en quête de repères. Une poésie empreinte de mysticisme. Et les parcours entremêlés d’hommes, de femmes et d’enfants bâtisseurs d’une Nouvelle-France où tout était possible, le meilleur comme le pire. Trois auteurs de la grande région d’Ottawa-Gatineau ont, par leurs plus récents titres, séduit les membres des jurys des Prix littéraires LeDroit.

Catégorie fiction: Nicole Castéran

Nicole Castéran... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 7.0

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Nicole Castéran

ETIENNE RANGER, LEDROIT

Dire que la Nouvelle-France fascine la géographe et traductrice gatinoise Nicole Castéran pourrait passer pour un euphémisme.

En 2010, elle lançait son premier roman, Les Saisons du destin Une année en Nouvelle-France, dont l’action se déroulait en 1749.

Quelques années auparavant, elle avait signé les textes romancés accompagnant ceux, explicatifs, de son conjoint, l’historien et ethnologue Jean-Pierre Hardy, autour d’artefacts, oeuvres d’art, cartes et autres objets témoignant de la réalité de Chercher fortune en Nouvelle-France (2007).

«Ça m’a toujours émue de penser à toutes ces petites gens laissant la France derrière eux, traversant l’Atlantique en bateau dans des conditions souvent difficiles pour arriver au Nouveau Monde face à l’inconnu, raconte Mme Castéran. C’est comme si, de nos jours, nous devions quitter la Terre pour nous retrouver sur Mars!»

Quand l’éditeur de la maison Libre Expression, André Bastien, lui a proposé d’écrire une saga, Nicole Castéran n’a pas hésité.

«Mon but premier, c’est d’intéresser les gens à l’histoire. On peut apprendre beaucoup, par les romans, et ce, de façon agréable», fait valoir celle qui, plus jeune, a entre autres «dévoré» l’oeuvre de Robert Merle, dont la fresque historique Fortune de France.

Cette fois, elle a tenu à reculer de près d’un siècle dans le temps, remontant jusqu’aux dernières guerres iroquoises pour peindre la toile de fond historique de son diptyque L’Oeil du diable. Le premier tome, 1685, vient de lui permettre de décrocher le Prix littéraire LeDroit2016 dans la catégorie fiction… au moment même où le deuxième volet, 1689, est publié, juste à temps pour le Salon du livre de l’Outaouais.

Chirurgie et plantes

L’Oeil du diable met en scène Michel Figeac, qui débarque à Québec en 1685 pour devenir le chirurgien du roi. «S’il est fictif, mon Michel s’inspire quand même du premier médecin canadien, Michel Sarrazin, précise l’auteure.  Ce dernier me donnait un champ d’activité professionnelle passionnant pour mon personnage.»

Le médecin, intéressé entre autres par la botanique (à l’instar de Sarrazin, Figeac enverra des spécimens en France, notamment à son oncle, dans le premier tome), est par ailleurs hébergé par le riche marchand Lamorille. Lequel «habite» la maison Blanche d’un grand commerçant de l’époque, Charles Aubert de La Chesnaye (1632-1702), dont Mme Castéran a pu consulter les plans.

Autour de ses personnages historiques et autres héros basés sur de véritables personnes, l’écrivaine donne également vie à Baptiste et, surtout, à des femmes. Totalement inventées, mais pas moins crédibles pour autant.

C’est le cas de Mathilde, à moitié Amérindienne et hautement intéressée par les plantes médicinales. Mais on ne soigne pas les gens sans risques, au XVIIe siècle. Ses yeux vairons et sa forte personnalité, en plus de ses connaissances botaniques, en font une sorcière potentielle. D’autant que son petit frère autiste passe pour un déficient, «alors qu’il ne l’est pas du tout!» clame Nicole Castéran.

Cette dernière possède une fiche exhaustive sur chacun de ses personnages, incluant ses caractéristiques physiques et ses traits de caractère propre. «J’avais besoin de les rendre consistants pour bien les sentir, au moment de passer à l’écriture.»

L’auteure a tout de même vu certains d’entre eux prendre plus d’importance que prévu a priori, en cours de création, dont Germain le protecteur, ou encore le truculent Catalougne (basé sur Gédéon de Catalogne, «qui a laissé plusieurs écrits me permettant d’étayer ses faits et gestes»).

«J’ai lu beaucoup de documents de l’époque, afin de m’imprégner du vocabulaire de la période, de bien saisir le milieu, les enjeux, la réalité de la vie à ce moment-là», mentionne-t-elle.

Pour Nicole Castéran, au-delà de la responsabilité d’être fidèle à l’Histoire, il y a le plaisir de raconter la saga de sa galerie de héros et d’héroïnes afin de faire revivre «tout un monde un peu oublié de nos jours, un Canada qui était français en 1685».

Et, ce faisant, de «mettre en valeur notre langue!» clame-t-elle fièrement.

Il était également essentiel, à ses yeux, de laisser une place importante aux Amérindiens. «La présence même des Français sur le territoire dépendait de leurs alliés autochtones, rappelle-t-elle. Sans eux, nos ancêtres n’auraient pas pu faire grand-chose.»

 

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