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Médecins et chirurgiens au XVIIe siècle

Traitement d'une luxation de bras. Laurent Heister, Institutions de chirurgie, Paris, 1771.

Traitement d’une luxation de bras. Laurent Heister, Institutions de chirurgie, Paris, 1771.

 

À cette époque, on considérait la médecine comme une science et la chirurgie comme un art.

Les médecins suivaient une formation universitaire et parlaient latin. Jouissant d’un prestige considérable, ils portaient la robe et le bonnet qui les distinguaient de la masse. Ils établissaient leur diagnostic en questionnant le malade, en prenant son pouls, en observant sa langue, ses yeux, ses urines (qu’ils goûtaient parfois), ses selles et son sang. Ils confiaient aux chirurgiens les basses besognes qu’étaient, pour eux, l’examen clinique, les incisions diverses, les amputations ou la palpation du corps. Fondée sur l’antique théorie des quatre humeurs, la thérapeutique des médecins se résumait à la formule suivante : « Saignare, purgare et clysterium donare ». Aux saignées, purges et lavements s’ajoutaient la diète et la prise de certains médicaments. Une fois prescrits, les lavements étaient administrés par les apothicaires (surnommés avec humour les limonadiers des postérieurs).

Pour leur part, les chirurgiens obtenaient leur droit de pratique par apprentissage auprès d’un maître et par la réalisation d’un chef-d’œuvre. Ils n’avaient ni à étudier ni à apprendre le latin. Leurs compétences étaient extrêmement variables, allant de l’arracheur de dents illettré au savant féru d’anatomie capable de pratiquer des opérations délicates. C’est à cette dernière catégorie qu’appartiennent les personnages du roman,  Michel Figeac et maître Mendès.

En France, les chirurgiens ont longtemps fait partie de la même communauté de métiers que les barbiers et les perruquiers. En 1691, Louis XIV leur permit toutefois de former une corporation distincte. Il est vrai que le Roi Soleil devait beaucoup à son chirurgien Charles-François Félix. En 1686, celui-ci avait opéré la fistule anale du souverain avec succès, après s’être « fait la main » sur plusieurs pensionnaires de l’hôpital de Versailles. Les pauvres diables qui n’avaient eu la chance de survivre à son scalpel avaient été enterrés de nuit…

 

Sources :

Lebrun, François, Se soigner autrefois, 1995, Paris, Seuil, 203 pages.

 

Pour en savoir plus sur la pratique de la médecine au Canada sous le régime français, consultez le passionnant ouvrage de Rénald Lessard, Au temps de la petite vérole (2012, Québec, Septentrion, 450 pages).

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